[ BAROIN lit un poème de HUGO ] « LA SŒUR/ Grâce ! qu’ai-je fait ? grâce ! grâce ! / Dieu ! quatre poignards dans mon flanc ! / Ô mon voile ! ô mon voile blanc ! »
« Le voile signifie qu’une femme n’est pas respectable en elle-même. Elle le devient à condition d’adopter une attitude de soumission et de réserve qui sied à son sexe. » [BAYROU ]
« Vous proposez d’interdire le voile à l’école, mais vous continuez à accepter l’application pour les femmes originaires des trois pays du Maghreb […] du code de la famille en vigueur dans leur pays d’origine, qui les maintient dans une situation d’infériorité, notamment quant au divorce, à la garde des enfants et au droit d’héritage. » [ BILLARD ]
« Jamais la femme voilée ne pourra incarner la libération de la femme car le voile est le symbole de la soumission de la femme à l’homme ; » [ BRUNEL ]
« Je ne me résoudrai pas à accepter que des petites filles intériorisent dès leur plus jeune âge une supposée infériorité du sexe féminin. » [ DAVID ]
« La liberté et la dignité de la femme demeurent pour nous des principes fondateurs de notre civilisation, et nous n’accepterons pas qu’il y soit porté atteinte. » [GRAND]
« On ne peut tolérer que les luttes et combats menés par notre pays à la fin du XIXe siècle pour séparer l’église et l’Etat, et plus récemment, les luttes et les combats féministes des années 70, pour donner à la femme sa liberté et sa dignité, soient remis en cause au sein de notre république. » [ LACUEY ]
Nous qui donnons volontiers des leçons, n’avons-nous pas à nous interroger sur l’image de la femme que renvoie notre société ? [ LEFORT ]
« Il faut mettre un terme à la pression de ces intégristes qui, par le biais du foulard, ôtent la liberté à la femme en la murant dans le féodalisme. » [Mourrut ]
« Nous ne devons pas avoir peur de le dire à tous ceux qui défendent une vision de la femme inférieure ou soumise à l’homme : en France, la femme est un homme comme les autres ! » [ PECRESSE ]
page 12 : [citations diverses ]
François Baroin UMP Aube
En préparant cette intervention [… ], je relisais quelques poèmes d’un grand ancien. L’un d’entre eux, composé en 1828, est intitulé « Le voile ».
Il met en présence une sœur et ses quatre frères.
LA SŒUR
Qu’avez-vous, qu’avez-vous, mes frères ? Vous baissez des fronts soucieux. Comme des lampes funéraires, Vos regards brillent dans vos yeux. Vos ceintures sont déchirées ; Déjà trois fois, hors de l’étui, Sous vos doigts, à demi tirées, Les lames des poignards ont lui.
LE FRÈRE AÎNÉ
N’avez-vous pas levé votre voile aujourd’hui ?
LA Sœur
Je revenais du bain, mes frères, Seigneurs, du bain je revenais, Cachée aux regards téméraires Des Giaours et des Albanais. En passant près de la mosquée Dans mon palanquin recouvert, L’air de midi m’a suffoquée : Mon voile un instant s’est ouvert.
LE SECOND FRÈRE
Un homme alors passait ? un homme en caftan vert ?
LA SŒUR
Oui…, peut-être…, mais son audace N’a point vu mes traits dévoilés…- Mais vous vous parlez à voix basse, À voix basse vous vous parlez. Vous faut-il du sang ? sur votre âme, Mes frères, il n’a pu me voir. Grâce ! tuerez-vous une femme, Faible et nue en votre pouvoir ?
LE TROISIÈME FRÈRE
Le soleil était rouge à son coucher ce soir !
LA SŒUR
Grâce ! qu’ai-je fait ? grâce ! grâce ! Dieu ! quatre poignards dans mon flanc ! Ô mon voile ! ô mon voile blanc ! Ne fuyez pas mes mains qui saignent, Mes frères, soutenez mes pas ! Car sur mes regards qui s’éteignent S’étend un voile de trépas.
LE QUATRIÈME FRÈRE
C’en est un que du moins tu ne lèveras pas !
L’auteur est un de nos prédécesseurs dans cet hémicycle. Il se nommait Victor HUGO.
François Bayrou UDF Pyrénées-Atlantiques
Le voile signifie qu’une femme n’est pas respectable en elle-même. Elle le devient à condition d’adopter une attitude de soumission et de réserve qui sied à son sexe.
Autrement dit, l’homme n’est pas responsable de lui-même, de sa maîtrise, et par conséquent, la femme n’est pas respectable en elle-même.
Cette conception du voile, les jeunes filles et les jeunes femmes du collectif « Ni putes, ni soumises » en ont montré toute la violence.
Par le choix de ce nom, elles ont montré que dans la cité, une jeune fille n’a le choix qu’entre deux attitudes :
soit, elle est une fille légère, qui, par son attitude provocante signifie qu’elle est vouée à la consommation brutale, qu’elle y est prête ;
soit, elle est soumise et sera enfermée à la maison, prêtresse des vertus domestiques, vénérant la masculinité de celui qui peut, lui, vaquer à son aise et jeter son dévolu sur qui passe à sa portée.