Laïcité et école


« L’école n’est républicaine qu’avec des êtres libres, accessibles aux cheminements de la raison. »[ BAPT]
« L’école républicaine aide le jeune à s’intégrer dans la société en même temps qu’elle lui donne les moyens de s’émanciper des tutelles et des oppressions» [ BLAZY ]
« L’école est le lieu de l’arrachement à l’ignorance, aux préjugés, à la tradition, à l’enfermement. » [ CAMBADELIS ]
L’école : « un asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ( Jean Zay ) [ CHARZAT ]
« La laïcité a permis de faire de nous des femmes et des hommes libres, des citoyens éclairés. » [ DECOQ ]
« Cet espace « laïque » n’est pas − Dieu merci ! − l’espace public tout entier. Mais il est, en revanche, là où la République diffuse ses valeurs, c’est-à-dire d’abord à l’école. » [GUIBAL]
« Ce n’est pas la tenue des élèves qui fait la laïcité, mais le contenu des programmes. » [ LEFORT ]
« La laïcité jusqu’à présent est la laïcité des enseignants et de l’enseignement, non la laïcité des élèves. » [ MADELIN ]
« L’école laïque est l’école de la justice sociale comme la laïcité est le ferment de la République sociale, ainsi que l’affirmait Jaurès. » [ NERI ]
« L’école n’est ni un lieu de tolérance molle ni un lieu d’intolérance. Sans éducation à l’altérité, la laïcité n’est que chimère. » [ TAUBIRA ]

Gérard Bapt SOC Haute-Garonne


L’école n’est républicaine qu’avec des êtres libres, accessibles aux cheminements de la raison.
Voilà le fondement de la laïcité à l’école, institution qui non seulement permet l’accès de tous les enfants à la connaissance et au maniement des outils qui permettent cet accès, mais aussi prépare ceux-ci à devenir des citoyens libres et responsables.
C’est donc à tort que des religieux invoquent la tolérance à propos du port de signes religieux à l’école. C’est confondre la rue, espace commun, et l’école, l’hôpital ou la fonction publique. L’école toutefois est porteuse, pour un Républicain, d’une singularité unique. L’école républicaine de la grande époque avait d’ailleurs poussé la logique de l’égalité par l’abstention jusqu’à imposer le port de la blouse, effaçant par là-même les manifestations des distinctions sociale dans l’habillement.
[…]
Or l’école laïque veut des êtres libres. Elle sème la liberté qui sera laissée à l’adulte de choisir sa philosophie, sa religion et lui permettra aussi d’en changer s’il le souhaite.

Jean-Pierre Blazy SOC Val-d’Oise


Nous devons expliquer à nos concitoyens, et particulièrement à ceux qui doutent aujourd’hui, que la fin suprême visée par l’idéal républicain est l’émancipation humaine. Nous devons insister sur le fait que l’école républicaine aide le jeune à s’intégrer dans la société en même temps qu’elle lui donne les moyens de s’émanciper des tutelles et des oppressions. Or, mes chers collègues, cette œuvre émancipatrice de l’école ne s’effectue pas dans une société parfaite. Il ne suffit pas de décréter l’émancipation pour la voir s’accomplir. Il faut également la faire vivre au quotidien, en protégeant efficacement les élèves des pressions extérieures communautaires ou religieuses.
[…] La laïcité est considérée aujourd’hui à tort par certains comme un acquis. L’avènement d’une laïcité prétendue « ouverte » ou « plurielle » a contribué à vider de tout contenu positif cette notion, chacun finissant par exploiter cette indétermination selon ses intérêts propres. Or l’exigence laïque qui est au cœur de l’œuvre émancipatrice de l’école n’a pas besoin d’adjectif pour être comprise.

M. Jean-Christophe Cambadélis
SOC Paris


L’école est l’antichambre de la vie en société. Le fait d’y proscrire le voile est un levier essentiel pour induire les évolutions comportementales déterminantes susceptibles de se propager à toutes les sphères de l’existence. Nous pensons en effet que l’école est le lieu de l’arrachement à l’ignorance, aux préjugés, à la tradition, à l’enfermement.
Le face-à-face dans l’enceinte de l’école entre le maître et l’élève est source d’émancipation, d’ouverture sur le monde et sur l’altérité. Permettre, quelques heures par jour, à l’enfant de se soustraire à sa famille et de se soumettre à une autre autorité pour que lui soit transmis un savoir commun et rationnel, est la condition nécessaire à la formation d’un esprit critique et d’une liberté de conscience authentique.


Voir aussi :
Pierre Bourguignon SOC Seine-Maritime


La laïcité scolaire ne concerne pas que le religieux. Elle suppose une triple séparation : avec les religions, avec la distinction sociale, mais aussi avec la politique. Croyances, préjugés et politique partisane doivent rester à l’écart de l’école censée ouvrir à l’universel.
Comme le soulignait déjà Ferdinand Buisson :
« Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur qu’il soit temporel ou spirituel ».

Michel Charzat SOC Paris


Il convient de mettre l’école à distance du monde pour mieux le comprendre. L’école n’est pas un espace banal. L’élève n’est pas un usager. L’école n’est pas prestataire de service : elle forme, elle instruit, elle façonne des citoyens autonomes. Elle est, selon la définition de Jean Zay, « un asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas ».

On retrouve la même citation :
M. Manuel Valls. protéger l’école, cet « asile inviolable où les querelles d’hommes ne pénètrent pas », selon la formule de Jean Zay.

Voir aussi :
Chantal Brunel UMP Seine-et-Marne


Oui, notre école est menacée. Il faut défendre sa neutralité, d’autant que, dans certains quartiers, elle est la seule institution de la République encore présente et respectée, nous le savons. Depuis quelques années, des écarts dangereux sont observés. Il n’est pas normal que des enfants affichent leur religion à l’école. Il n’est pas normal que des salles de permanence soient prêtées aux jeunes musulmans pour qu’ils puissent faire leur prière pendant les heures de cours. Il n’est pas normal que certains enseignants de biologie, de sciences naturelles ou d’histoire soient obligés d’occulter certaines parties de leur programme.

Christian Decocq UMP Nord


Condorcet écrivait : « Celui qui, en entrant dans la société, y porte des opinions que son éducation lui a données n’est pas un homme libre. Il est l’esclave de ses maîtres, et ses fers sont d’autant plus difficiles à rompre que lui-même ne les sent pas, qu’il croit obéir à sa raison, quand il ne fait que se soumettre à celle d’un autre. »
L’école, dans notre République, n’est pas un lieu aseptisé ou insipide : il s’agit du dernier lieu d’intégration républicaine où la foi dans l’expérience collective peut s’enraciner chez ces futurs citoyens.
La nation nous confie un mandat sacré, une mission impérieuse envers eux : leur permettre d’acquérir les outils d’un raisonnement éclairé et d’un libre arbitre indépendant. Il est de notre devoir de donner à ces petits citoyens l’accès à ce que nous avons nous-mêmes reçu. Dans cette école laïque s’est construit, génération après génération, le socle républicain.
Parmi ces générations, je réserve une place dans mon cœur à mon instituteur de village, qui nous faisait composer un journal. Je me souviens encore de son titre :
Tous ensemble !
Je sais ce que je dois à cette école et à mes maîtres respectés. Oui, la laïcité a permis de faire de nous des femmes et des hommes libres, des citoyens éclairés et, souhaitons-le, des élus responsables
.

Jean-Claude Guibal
UMP Alpes-Maritimes


La France, que l’on sache, est une République laïque, c’est-à-dire neutre à l’égard des religions. Elle en respecte les pratiques et en garantit le libre exercice, mais ne s’associe pas à elles ni ne prend parti pour l’une ou l’autre. Fondatrice d’un espace public a-religieux, elle ne peut pas être indifférente à l’égard de ceux qui tenteraient d’en faire le champ clos de leur prosélytisme et de leurs affrontements.
Cet espace « laïque » n’est pas − Dieu merci ! − l’espace public tout entier. Mais il est, en revanche, là où la République diffuse ses valeurs, c’est-à-dire d’abord à l’école. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cet espace doit être considéré comme sacré.

[ CONTRA ]

M. Claude Goasguen La laïcité est un terme scolaire, rien de plus, et il est hors de question de bâtir une société entièrement laïque.
M. Jean Glavany. Si, il en est question ! C’est là notre divergence avec vous !
M. Yves Durand. Quel aveu, monsieur Goasguen !

Jean-Claude Lefort
CR Val-de-Marne


Le principe de laïcité doit bien sûr être convoqué et respecté. […] Mais la République doit tendre la main, et non rejeter et exclure. Il est une vérité fondamentale : ce n’est pas la tenue des élèves qui fait la laïcité, mais le contenu des programmes dispensés par des enseignants qui en sont respectueux, dans des locaux non équivoques.
L’enseignement laïque est par nature un élément majeur de libération de l’esprit, à l’inverse de l’autre qui l’entrave
.

Alain Madelin
UMP Ille-et-Vilaine


Il est légitime de bannir le voile islamique de l’école lorsque celui-ci sert d’étendard politique à ceux qui cherchent à dessiner un espace où les lois de l’Islam remplaceraient celles de la République.
Il est légitime encore de ne pas accepter dans l’enceinte de l’école, où se forgent les consciences, le voile de la contrainte, celui qu’il faut porter pour être respectée dans son quartier, celui qui enferme et qui renvoie à une conception de la femme qui n’est pas conforme à nos valeurs.
 […]
[ Mais] la laïcité jusqu’à présent est la laïcité des enseignants et de l’enseignement, non la laïcité des élèves. C’est un devoir de neutralité pour les enseignants. C’est aussi une mission, selon l’inspiration de Jules Ferry, celle de parler hardiment pour faire partager les valeurs universelles, les valeurs de la République.
Le devoir des enseignants laïques d’hier, à une époque où l’Eglise contestait et les droits de l’homme et la liberté de pensée, était d’ouvrir l’esprit de leurs élèves à ces valeurs universelles. Il ne serait venu alors à l’esprit d’aucun d’exclure les petits catholiques de l’école laïque.

Alain Néri SOC Puy-de-Dôme


 La République est laïque et c’est parce qu’elle est laïque qu’elle a créé l’école publique, gratuite, obligatoire et laïque.
Cette école de la République, qui accueille, qui rassemble, qui refuse l’exclusion et la discrimination, c’est l’école qui ouvre ses portes à tous les enfants de France sans distinction d’origine sociale, de couleur ou de religion.
C’est parce qu’elle est publique, gratuite et laïque qu’elle est obligatoire. Obligatoire pour tous car elle est le lieu qui offre à tous les enfants la possibilité de développer leurs capacités, leurs talents et d’aboutir à l’épanouissement de leur personnalité.
Elle est l’école de la libération et de l’émancipation des esprits, véritable ascenseur social.
Je veux ici rendre hommage à ce que les anciens appelaient « la laïque », à ses maîtres qui ont permis à beaucoup d’entre nous de devenir ce que nous sommes.
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » proclame la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Mais, en réalité, il n’y a pas d’égalité des chances. Chaque être est différent par essence et l’influence du milieu socio-économique et culturel s’avère déterminante, voire prépondérante, pour la construction de l’avenir des enfants.
L’école laïque a pour mission l’égalisation des chances et doit favoriser le développement des potentialités de chacun. Elle est l’école de la justice sociale comme la laïcité est le ferment de la République sociale, ainsi que l’affirmait Jaurès.

[…].
L’école laïque accueille tous les enfants : ceux qui croient, quelle que soit leur croyance, comme ceux qui ne croient pas. Elle est le creuset de la citoyenneté, le ciment de l’unité nationale.

Voir aussi Yves Durand SOC Nord
La laïcité, c’est la lutte inlassable contre les discriminations, d’où qu’elles viennent, et d’abord 1es discriminations devant le savoir. […]
Lutter contre les discriminations exige de bâtir une école d’où chacun serait assuré de sortir avec, soit une qualification, soit ce socle commun de connaissances qui tend à dégager l’universel à partir de la culture d’origine.

Christiane Taubira App.SOC Guyane


Notre responsabilité en matière d’éducation est grande. Elle relève des pouvoirs publics, mais elle est aussi dispensée par la société civile, notamment au travers des écoles confessionnelles.
Or les fermes mesures de cette loi ne s’y appliqueront pas. C’est une façon étrange d’adoucir la rigueur de ce texte
.
L’école, lieu cardinal où l’on se prépare à la citoyenneté, ne se satisfait plus des schémas classiques et des débats artificiels.
Il reste à dire et à décliner les missions de l’éducation. L’école est le lieu où l’on peut acquérir les moyens de s’affranchir des transcendances religieuses, des prédestinations politiques, des déterminismes économiques, sociaux, ethniques. L’école n’est ni un lieu de tolérance molle ni un lieu d’intolérance. Sans éducation à l’altérité, la laïcité n’est que chimère
.